Le (mon) compte rendu du conseil du 20 est presque fini et sera publié ce soir ou demain. En attendant, (re)découvrez cette petite histoire trouvée chez Christian Amiraty de Gignac.

Cette histoire s’est passée dans un restaurant self-service. Une dame d’un certain âge a pris au comptoir et payé un bol de soupe. Au moment de s’installer à l’une des tables, elle s’aperçoit qu’elle a oublié de prendre sa cuillère. Elle dépose son plateau et va en chercher une. Lorsqu’elle revient, surprise, elle voit un Noir installé devant le bol en trempant sa cuillère dans la soupe.

“Plutôt gonflé ce Noir, pense la dame, mais il a l’air si gentil, ne le brusquons pas”. Elle s’adresse à lui en tirant le bol vers elle : “Vous permettez ?” Le Noir ne répond que par un large sourire. La dame commence à manger, mais le Noir retire un peu le bol vers le milieu de la table et retrempe sa cuillère. Il le fait avec une telle douceur dans le regard et dans le geste que la dame laisse faire, désarmée. Une silencieuse complicité s’est même établie entre eux.

La soupe est finie, le Noir se lève, fait signe à la dame de ne pas bouger et part vers le comptoir. Il revient avec une grande portion de frites, qu’il pose au milieu de la table et invite sa compagne à se servir. Le Noir se lève encore, cette fois c’est pour prendre congé, toujours avec le sourire et avec un “Merci”.

La dame pense s’en aller elle aussi. Elle cherche son sac à main. Plus de sac ! … Mais alors, ce Noir ?

Elle s’apprête à demander qu’on poursuive le voleur en fuite. C’est alors qu’elle découvre près d’une fenêtre, sur le dossier d’une chaise son sac à main et sur la table, le bol de soupe qui ne fume plus, avec le plateau où manque une cuillère.

Ce n’est pas le Noir qui a mangé sa soupe à elle, c’est elle qui, en se trompant de table, a mangé la soupe du Noir.

Et pourtant il lui a dit Merci !