Une conférence m’a privé du plaisir d’aller assister à la réunion de Venelles Proximité, d’écouter Jean-Pierre Saez et de faire connaissance avec ses équipiers. Heureusement quelques messages et coups de fil m’en ont appris assez pour que je puisse vous en faire un récit, évidemment partisan mais gentiment moqueur, ironique. Il faut quand même un peu de temps pour mettre ça bout à bout et dans l’ordre si possible, donner un fil conducteur à mon billet, le publier… c’est la raison pour laquelle il arrive un peu tard. Sans compter qu’il s’agit d’un exercice difficile, bien que les sources soient multiples, j’écris à la première personne pour donner une unité à ce récit. Ce récit est une œuvre collective ce qui explique que parfois la continuité laisse à désirer, que les commentaires sont variés, le ton aussi… à prendre avec le sourire, au 2ème degré.

Quel titre donner à ce billet ? Pour rester dans le ton de ce que l’on a pu y entendre, faisons dans la finesse. Si vous me proposez quelque chose d’autre, j’en changerai.

  • « Meeting – Mi raisin » : bof !
  • « Pas d’oscar pour la vie en rose » on se rapproche du fond.
  • « Soirée Star’Ac » casting improbable, ils chantent faux mais le “Nikos” de service, maître de cérémonie, valait le déplacement. Un grand moment !

Pourquoi Star’Ac ? En hommage à l’irremplaçable DJ « Serge » qui tout le long de la soirée nous a fait exploser les oreilles en poussant le volume à fond sur une musique « moderne » (dixit Nikos) qui relevait en fait de l’époque du disco. Mais vu le public, où la densité de cheveux blancs au m2 était importante, cela pouvait en effet passer pour une musique d’extraterrestre.

Il y avait du monde : tous les gradins étaient pris ainsi que 4 rangées de chaises étalées devant le pupitre, celui-ci entouré de 28 chaises portant chacune le nom du colistier.

Au pif, car j’ai toujours du mal à compter : sachant qu’il y a 100 places sur les gradins + 4 rangées de 13 chaises + 29 de l’équipe c’est disons 200 personnes en comptant ceux qui semblaient attendre dans l’entrée.

Beaucoup de personnes âgées bien sûr, la famille des colistiers, puis des Venellois que l’on connaît, puis… des gens qui n’étaient pas de Venelles, c’est sûr. Il est vrai que le téléphone avait encore fonctionné durant deux jours pour battre le rappel. On y retrouvait Bouvet, le gentil docteur, toujours là pour faire plaisir et occuper une chaise. Puis des copains d’Aix et de Maryse, etc.

On attend, estrade vide avec ses chaises, puis musique disco qui démarre, qui enfle, qui devient assourdissante. Enfin, Nikos monte au pupitre, la musique monte, monte et explose, le suspense devient insoutenable, la foule est en transe… ou bien les sonotones vibrent de façon alarmante : la question reste posée.

Nikos commence à parler mais Serge et Larsen ont du mal à s’accorder et les oreilles en prennent un coup. « On est toujours trahi par la sono et l’informatique » nous déclare Nikos.

Et le voilà parti pour la présentation des colistiers, un par un, dans le plus pur style Star’Ac. Il ne donne pas le nom directement, non, non ! Il fait d’abord le CV, en commençant d’un ton doux, puis sa voix enfle, il s’enflamme, pour crier à la fin : « Je vous demande d’applaudir machin » avec l’appui de « Serge » qui envoie la sauce à toute berzingue, comme si Zidane allait entrer sur le terrain. Le colistier qui attend fébrile dans l’entrée de la salle des fêtes arrive comme superman, la foule en transe (du moins les copains qui sont sur les chaises) se lève et applaudit à tout rompre. Et Nikos attrape son équipier par le cou, le tire à lui et lui colle un gros bécot bien appuyé sur chaque joue avant de le laisser rejoindre sa chaise. Seul bémol pour Granier où le ton de Nikos est resté plutôt mollasson, voire coincé, tant sur l’exposé du CV que sur le bisou. Pas très reconnaissant quand on voit que Granier lui a, soi-disant, écrit une belle lettre vantant ses mérites… Par contre, Nikos se répand sur la beauté des hôtesses de l’air de l’équipe, sur le nombre d’enfants et petits enfants.

Quelques scoops quand même :

  • au sujet de Alain Quaranta : « Avec lui, on a des bases solides pour entrer dans le 21ème siècle ! »
  • au sujet de Robert Chardon : « J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour Robert. C’est l’homme qui a permis de rétablir les finances de Venelles ! »
  • Nicole Carette : « C’est un électron libre. Elle est bonne à tout… »

Mais que c’est long ! 40 minutes ! Les bâillements se succèdent dans le public. Pas une seule fois le micro n’est tendu aux colistiers dont on n’entendra jamais les voix.

Mais, fort intelligemment, il faut savoir que derrière ceux-ci est exposé l’apéro : sandwichs, cake, pizza, boissons… Et à cette heure, les personnes âgées ont faim. Et elles se disent que ça va bientôt finir et qu’elles vont pouvoir se jeter dessus. Donc, vaille que vaille, on patiente et les ventres gargouillent.

On assiste durant toute cette présentation à un ballet attendrissant : la petite-fille de Saez qui passe (et repasse plusieurs fois) des mains de sa belle-fille aux genoux de sa mamie Patricia. Cela n’arrête pas. C’est vrai qu’elle est mignonne (la petite fille) et cela fait tellement plaisir aux personnes âgées !

En fait, un des colistiers a quand même le droit de dire un mot, j’ai nommé, tagada, Bob, notre Chardon municipal, qui, très sérieux, déclare : « On va parler à présent de toi, Jean-Pierre. C’est toi qui nous guides. C’est toi qui as fait tout le travail durant ces 7 années. »

Et là, on se demande si c’est du lard ou du cochon : est-ce de la pommade ou bien se moque-t-il de notre Nikos, laissant passer le message comme quoi c’est bien à cause de lui que Venelles en est là ? Le doute subsiste.

Le micro est ensuite donné à Maurice Daugé, maire honoraire, qui vient lire son discours au micro où il nous fait un sketch fort amusant : il se trompe sur l’âge de Nikos (il le vieillit), sur le nombre d’enfants qu’il a (il lui en met un de plus), sa petite-fille devient sa fille, etc. Puis, Daugé rappelle tout ce que lui, pas Nikos, a réalisé sur Venelles. Se rend-il compte à quel point la comparaison est épouvantable avec le bilan de Nikos ? Sa conclusion est également étonnante, presque un avertissement : « N’oubliez pas que vous vous engagez à servir les Venellois et non à VOUS servir ». Comprenne qui veut…

Et Nikos reprend le micro qu’il ne lâchera plus pendant un sacré moment, en s’agrippant au pupitre comme s’il allait le fracasser et en jetant un regard menaçant sur le public. Il a dû réviser dans la nuit tous les manuels de communication des années 1980…

Il démarre sur les blogs : « les égouts de notre démocratie » qu’il trouve honteux mais qu’apparemment il décortique tous les jours.

Il part sur une citation de Zola qui écrivait à Cézanne : au moins 10 mn de lecture ! Il y est question d’un pauvre Zola, qui aime tellement l’amitié et qu’on lui tende la main, et qui subit la dérision, les sarcasmes, les surnoms odieux, etc. On pleure dans la salle, Zola vient de se réincarner au pupitre, crucifié.

Quand soudain, revoilà notre Nikos, l’œil assassin, qui crie presque « Je me reconnais grand à côté des nains près de moi » (le plus drôle c’est que ce sont ses colistiers qui y sont) et qu’il leur envoie son « souverain mépris ». Je fais court, car ça dure pendant un bon bout de temps sur ce rythme jusqu’à ce qu’il conclue : « C’est ce que nous réaliserons avec cette équipe ».

« Serge » envoie la sauce, la musique fait bouger les gradins, et comme la chorégraphie a été super bien répétée, le public-chaise se lève et applaudit en rythme.

Nikos, emporté, se lance dans un couplet patriotique, la voix tremblotante, en se servant du dernier de la liste, un ancien combattant. Il lui fait encore un énorme bécot, la musique repart, toute la troupe de danseurs se relève et applaudit.

Je me dis, très bêtement, que puisque Nikos nous avait déjà fait un discours à la Castro lors de son précédent meeting où il avait exposé en long en large et surtout de travers ce qu’il avait « réalisé » et ce qu’il « allait faire », il aurait le courage cette fois-ci de laisser la parole à la salle (qui était de toute façon pour lui).

Que nenni !

Le revoilà reparti pour nous refaire le même topo, mais en plus succinct (c’est vrai que les sandwichs commencent à dégouliner derrière). A noter qu’il a bien écouté ce que les autres listes proposent et il les reprend pour lui : le dégroupage ADSL, les antennes relais, les éco-quartiers…

Alors, je ne vais pas tout reprendre, seulement les sorties les plus « impressionnantes » :

Culture : « Les socialos avaient laissé un machin, une culture monolithique, nous on a une culture de passion et de partage. » « Car l’autre femme, elle n’a pas été bonne, je te le dis ! » se tournant vers l’une des colistières, Mme Weller : « Tu feras mieux que l’autre, hein ? Parce que l’autre, elle n’a pas été booooonne… »

« En 2005, on s’est débarrassé d’un truc qui augmentait de 20% chaque année. Ils tapaient dans la caisse, c’est sûr, quand on voit le nombre de spectateurs qu’ils avaient. Aujourd’hui, la culture de Venelles remplit les salles avec des Venellois » (aux Acousmies, c’était donc rempli d’estrangers ?) « Au temps où les camaaaaraaaades (poing levé) géraient la commune… »

Logement : « On combattra ceux qui veulent rompre l’équilibre écologique et démographique » (envisage-t-il le retour de la ceinture de chasteté ?). Il a bien calculé : on a seulement besoin de 250 logements en plus. Et il s’engage à ne pas dépasser ce chiffre.

Les logements sociaux de la Roberte qu’il comptait vendre à Aix : maintenant, la main sur le cœur, il veut les réhabiliter !

Gouvernance : De la transparence dans le résultat, ouverte mais pas laxiste, de la solidarité qui récupère l’homme mais pas l’assistanat qui rabaisse l’individu. Boum, le public-chaise qui se lève, musique en trombe. Ça, c’est du minutage !

Oui, il travaillera avec les assos, mais faudra bien cadrer les choses.

Développement durable : « Notre agenda 21 sera prêt à la fin de l’année 2008, je m’y engage. » Quand on se penche sur la complexité du sujet, alors oui, notre Nikos est Superman ! Car il faut au moins 18 mois pour l’installer.

Bio : « Je compte sur Dédé Carmagnole pour apprendre à nos enfants la culture biologique. »

Cimetière animaux : « Il ne faut pas en rire ! Les personnes âgées savent combien c’est dur de perdre un animal de compagnie. Je m’engage, avec la CPA, de créer ce cimetière. Et à ceux qui ricanent, je leur dis le mot de Cambronne. »

L’Arlésienne, la poste : savez-vous pourquoi les travaux n’ont pas commencé ? Allez, cherchez un peu… Parce qu’il ne faut pas embêter les travaux de l’église ! Alors, dès que l’église sera terminée, la poste commencera. Eh oui… Fallait y penser !

Gens du voyage : « Tant que je serai là, il n’y aura pas d’aire d’accueil de gens du voyage. » Heu… Peut-on m’expliquer pourquoi alors il a essayé en 2005 je crois de faire passer en douce en conseil de communauté l’installation d’une zone de 40 emplacements de 130 m2 par emplacement (alors que la base requise n’est que de 75 m2). Rappelez-vous, cela devait être derrière la menuiserie Vial.

Et notre Nikos ressort sa fiche 2001 : Il prend l’engagement de créer une piste cyclable de l’église jusqu’au Logissons. Et quoi qu’en disent les blogs (qu’il fréquente très régulièrement au point de savoir tout ce qui s’y écrit) et qui n’y connaissent rien en budget, la CPA lui a bien filé plein de millions pour le faire. De toute façon, si ça n’a pas été fait avant, c’est à cause de la DDE. Au fait, « sur la liste de l’autre, de la dame, il y a un gars de la DDE, un ingéééénieureuh, ben, qu’il reste où il est ». Gros rire !

Gare : « On n’a rien fait. Ce n’est pas notre faute, c’est Vauzelle ! Tiens, j’espère que Gaudin va leur mettre la pâtée à Marseille. »

Oui, il installera la vidéosurveillance « car cela permet d’élucider, comme en Grande Bretagne les actes de terrorisme. À Venelles, on n’a pas de terroristes, mais on a des salopards. »

La piscine : « Tout sera payé par la CPA. Car on a bien négocié le coup ! »

Pelouse synthétique : il s’engage à ce qu’elle soit installée en 2009.

Il va nous construire une salle des fêtes de 450 places. Et une résidence pour personnes âgées, médicalisée ! (soupir de satisfaction dans la salle : c’est vrai qu’ils sont tous en train de s’assoupir)

Scoop : le FISAC, c’est lui qui l’a mis en place ! Hourra ! Qu’en pense le président de l’AAEV ?

SAUR : Saluons aussi son numéro d’illusionniste avec son explication embrouillée où l’on doit se réjouir d’avoir à payer l’amende suite à la perte de son procès contre la Saur et la rupture illégale du contrat. Si ! Si ! Tout ça, c’est bon pour Venelles. D’ailleurs, attendez le 30 avril, vous verrez… (s’il n’est plus là, c’est évidemment nous qui paierons pour les pots qu’il a cassé). Mais tout cela passe sans générer aucune réaction car les yeux sont désespérément rivés sur les sandwichs.

Oui, la commune va prendre en charge l’entretien de toutes les voies privées des lotissements. (Super ! Mais, j’ai mauvais esprit : n’ai-je pas entendu dans une autre réunion, qu’en fait les propriétaires devront en payer une partie ? Ou qu’alors, ils n’en seront plus propriétaires ? Quelqu’un peut-il nous éclairer ?)

Et revoilà le fantasme : devenir le maire de Venelles les Deux Églises en détruisant le château d’eau pour faire à la place un truc culturel. Pourquoi pas ? Daugé le ramène sur terre en rappelant qu’avant, à l’endroit de la voûte Chabaud, c’était là que se garait le corbillard. Cela fait moins beau dans le décor, donc vite, on clôt le sujet.

Il est 20h40 : il n’a pas donné une seule fois la parole à la salle, dont il se moque éperdument.

Il veut juste conclure par une note humoristique : « Certains s’inquiètent pour ma santé. Je les rassure, tout va bien. J’ai vu mon cardiologue, etc. Patricia peut en témoigner : je suis en pleine forme. » Rire gras. Comprenne qui veut. Je n’ai pas eu l’impression que Mme Patricia appréciait cette vanne…

Revoilà la musique tonitruante ! Rocky-Nikos nous invite à boire un coup à sa santé. Mais vu que les conditions de sécurité ne sont pas respectées (200 personnes au lieu des 110 autorisées), la salle met 20 minutes à dégager des gradins.

Je me dis que s’il y a le feu, tout le monde y reste.

Alors, oui, vivement une grande salle des fêtes. Faut bien finir sur une note positive…