9 mars : un bilan qui n’était pas annoncé par Cassandre

Au soir du 9 mars, les Venellois ont sans doute été surpris des résultats du 1er tour : malgré les turbulences de son mandat, le score du maire sortant est important et l’écart entre la liste d’Évelyne Coursol et celle de Serge Briançon est plus ample que beaucoup le prévoyait.

1er tour 2008
Jean-Pierre SAEZ : 1975 (46.29 %)
Évelyne COURSOL : 1340 (31.40 %)
Serge BRIANCON : 952 (22.31%)

1er tour 2001
Jean-Pierre Saez : 1625 (40,22%)
Pierre Morbelli : 1367 (33,84%)
Serge Briançon : 1048 (25,94 %)

Si l’on se réfère aux points par rapport à 2001, on ne peut que noter la progression de 6 points du maire sortant, qui certes bénéficie de son statut, mais sort de ce premier tour en tête de file reconnu. Toujours en points, la liste socialiste perd 2,4 points, score très honorable pour une liste ne bénéficiant plus de la « prime au sortant » avec une primo-candidate à sa tête. La liste de Serge Briançon perd 2,6%, payant sans doute là son maintien au second tour en 2001 qui a pu inciter l’électeur au vote utile dès le 1er tour.

Si l’on considère les scores en voix, sur 2008 et 2001, le bilan s’affine un peu, 227 électeurs de plus se sont exprimés alors que le maire sortant gagne 350 voix, semblant indiquer qu’il a conquis ces nouveaux électeurs, le parti socialiste ne perd que 27 voix, on peut dire qu’Évelyne Coursol a fait mieux que sauver les meubles, ce qui n’était pas évident en début de campagne, Serge Briançon perd 96 voix alors que sa liste d’union pouvait laisser prévoir un plus par rapport à son score d’ « opposant au maire sortant » de 2001. Il semblerait que l’absence de différences très marquées dans les 3 programmes présentés ait incité les électeurs à donner leur voix à ceux qui avaient des différences intrinsèques plus nettes.

Au soir du 1er tour 2008, la situation est plus tranchée qu’en 2001 : le maire sortant récolte 46,2% des voix, les 53,8% restants se partageant entre 2 listes qui ont un écart plus marqué qu’en 2001 (9,1% contre 7,9%), le maintien de la 3ème liste fait, à coup sûr, gagner le maire sortant mais son retrait n’est pas gage de victoire pour la liste en deuxième position, qui devra convaincre la grande majorité des électeurs de Serge Briançon. Si, en 2001, un simple retrait de la liste arrivée 3ème pouvait laisser espérer une victoire à la liste en 2ème position, aujourd’hui les données sont autres : la victoire sur le maire sortant passe par une entente sincère, véritable et juste entre les 2 listes accompagnée d’un gros effort de lisibilité pour convaincre les électorats respectifs. La tâche est rude mais pas impossible.

En effet, la concomitance des élections cantonales et l’observation du déroulement du scrutin du 9 mars donnent quelques indications supplémentaires.

Cantonales 2008 1er tour

  • J.P. BOUVET (UMP) : 1 659 (41.27 %)
  • H. LOMBARD (PS) : 1 240 (31.06 %)
  • M. LE GUILLOU (les verts) : 505 (12.61 %)
  • J. JADE (PC) : 306 (7.64 %)
  • I. MOHR (FN) : 287 (7.42 %)

Il semble bien que la maire sortant ait fait le plein de ses voix dès le 1er tour : il a remporté les voix des nouveaux électeurs et au-delà, et si l’on compare aux résultats des cantonales le score de M.Bouvet et celui du FN (1653+297=1950) on constate que le maire sortant a fait le plein à droite, il ne semble donc pas qu’une forte proportion de l’électorat de du droite se soit reporté sur M.Briançon. Un nombre de voix de droite supérieur, aux cantonales, à celui du maire sortant, aux municipales, aurait signifié que l’électeur rejetait le candidat et non la famille politique, lestant du même coup l’électorat de M.Briançon d’un fort contingent de droite, rendant proprement improbable un report de la majorité des voix de « Venelles à Cœur » sur la liste « Venelles en Vie ». Le maire sortant, qui a déjà conquis un bon nombre de nouveaux électeurs, aura une capacité de progression, en allant chercher les abstentionnistes, moins grande que ses concurrents et il ne pourra pas compter sur un report des électeurs de M.Briançon, ce phénomène devant se réduire, dans ce cas précis, à l’échelle de l’unité.

Pour envisager le résultat du 2ème tour, il faut rappeler que seulement 2 Venellois sur 3 se sont déplacés pour voter, y aura-t-il une plus grosse mobilisation le 16 mars ? Et à qui profiterait-elle ? L’issue du scrutin est aussi suspendue aux réponses à ces questions.

Une journée dans un bureau de vote m’a permis de noter une très forte participation de l’électorat de 65 ans et plus, alors que les 18/25 ans se sont peu déplacés et les 40/50 ans étaient quasi absents.

Le bon score du maire sortant s’explique aussi par cela, il a un programme et un discours en phase avec son électorat, mais quel est l’avenir de Venelles ? Cela est une autre question.