Le 17 juillet a eu lieu à Venelles, la première de la comédie musicale américaine Kiss me Kate de Cole Porter. Cette œuvre, écrite dans les années 50, est une transposition de la “Mégère apprivoisée” de Shakespeare dans le Chicago des années 30 où un insupportable metteur en scène se retrouve confronté à son ex-femme et à deux gangsters particulièrement tenaces (mais bien sympathiques).

Cette incursion dans le genre des musicales est une innovation en Provence : il faut rappeler que Kiss me Kate n’avait pas été rejouée en France depuis 1984, … c’est dire la rareté de l’œuvre ! et pourtant, c’est une pièce passionnante : les dialogues font mouche et les airs emprunts d’une rare fraîcheur.

Certes, ces derniers sont en anglais mais la mise en scène permet de les faire passer très habilement. Les décors reconstituent de façon amusante un jardin pompéien que le metteur en scène, Jean-Marc Héry justifie en expliquant que l’ouvrage n’est qu’un chassé croisé amoureux entre deux couples dans une sorte de labyrinthe de l’amour. La pièce de Shakespeare n’est qu’un prétexte, le support de l’action ni plus ni moins (et il est vrai que l’incursion remarquable de Benjamin Mayenobe et Nicolas Soheylian en truands déjantés dans une pièce élisabéthaine ne passe pas inaperçue, leur prestation étant à hurler de rire).

Une fois encore c’est le lycée professionnel les Alpilles de Miramas qui a réalisé le support bois : une structure originale, entièrement amovible car montée sur roulettes, ce qui permet des changements de décors toujours très pertinents.

La gageure aussi résidait dans les costumes, somptueux, réalisés cette année encore par Tony Subileau, ainsi que dans l’emploi du chœur des Cigales d’Or qui s’adapte parfaitement à la partition.

Côté chanteurs, il faut noter la prestation remarquable de la jeune soprano jordanienne Dima Bawab en Loïs Lane (non, non, Superman n’est pas de la partie !) qui s’attaque ici à un rôle périlleux tant sur le plan vocal que sur le plan scénique tandis que le ténor péruvien Rudi Fernandez excelle dans les accents jazzy de « Too darn hot ».

La Kate hystérique de Joanna Malewski est aussi d’une remarquable justesse au point que l’on pourrait redouter d’aller la saluer dans sa loge, craignant que son caractère ne se rapproche de son personnage (Liz Taylor à côté peut paraître d’une douceur exquise) : ses hurlements, sa gestuelle, sa hargne vis-à-vis de son ex-époux Fred Graham sont impressionnants.

Reste donc le rôle de Frédéric C. Graham tenu avec prestance par Rodrigue Caldéron, le doyen de la troupe. Il est certes en retrait face à l’excellence de sa partenaire et son anglais demeure très approximatif mais cela rajoute finalement au ridicule du personnage.

Il reste de cette soirée une excellente impression : le spectacle est enlevé, la mise en scène alerte et les chanteurs de très bonne facture.

Encore deux représentations, ce soir vendredi 18 juillet et dimanche 20 juillet, qui promettent quelques fous-rires !

Kiss Me Kate - Off and Back 2008Kiss Me Kate - Off and Back 2008Kiss Me Kate - Off and Back 2008

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