Il y a bien longtemps que Pénélope n’avait pas écrit un de ces billets dont elle a le secret, gentiment moqueur, un brin caustique… comme nous elle a reçu de la REVE sa facture d’eau accompagnée du mot du maire… pardon du président.

Comment ils noyèrent l’augmentation dans le lac de Genève.

Le président du Conseil d’Administration de l’Établissement Public à caractère Industriel et Commercial (EPIC), notre REVE communal, eut l’art et la manière pour pratiquer cet exercice périlleux.

Les 2/3 des Venellois qui avaient l’immense bonheur d’adhérer au REVE municipal et d’en acquitter le prix, découvrirent, à l’ouverture de la douloureuse aquatique, le portrait de leur édile suprême (sur fond de verdure qui convenait au pionnier parmi les pionniers de la cause champêtre) surmonté d’un titre en gras, maniant adroitement la grosse casse : « Le mot du Président ». Diantre ! La température aidant, le glorieux guide d’une petite bourgade de 8 000 âmes, chercherait-il à supplanter N.S, le national et valeureux chef en chef ? Le paraphe en bas du parchemin était là pour les rassurer, le Président ne régnait que sur l’onirique Conseil d’Administration local. La prose de leur amiral de la flotte Venelloise, en ce mois de juin 2009, ne dérogeait en rien aux envolées épistolaires qui leur étaient données de lire depuis huit années. La ville de Genève, * son mur des Calvinistes * (sic), l’ONU, la Croix Rouge, les banques et le secret qui allait avec, et l’opinion que notre apôtre des eaux en avait, et qu’il ne put s’empêcher de leur livrer, tout y passa… ou presque, manquaient à l’appel : le jet d’eau, l’horloge en fleurs et l’hôtel Beau Rivage, qui abrita le dernier souffle de Sissi (dommage ! cela eut pu faire une belle chute à la fin du paragraphe).

Bigre ! Quel rapport me direz-vous entre tout ceci et… Venelles ? Notre maître du suspens nous tint en haleine jusqu’au premier quart de l’épistole : Genève n’avait jamais cédé aux sirènes (du lac ?) de la privatisation de l’eau… et Venelles aussi ! En 2001, nos valeureux élus avaient fait de Venelles une Genève au bord de la Touloubre !

Genève j’en rêvais, JPS l’a fait, le cliché est idéal, le cadrage aussi.

Le reste de la bafouille, était beaucoup moins original que l’entame : l’épopée de la bataille de l’eau nous fut contée une énième fois, histoire de nous rappeler que même l’eau peut-être indigeste, quand on en abuse. Il nous fallut tourner la page pour apercevoir l’envers du décor, noyé jusqu’alors, et jusqu’à plus soif sous de dégoulinantes considérations.

Les remous et autres vaguelettes étant dispersés on distinguait le fond du verre et l’augmentation salée que nos thuriféraires à la suisse avaient concoctée.

Et voilà comment, nos empereurs du verbe, passés maîtres en art de l’enrubannage des choses désagréables, que les modernes appellent communication, avec le secours de Calvin, sous le patronage de l’ONU, réussirent à nous faire avaler, grâce au Lac de Genève, une ruineuse pilule, qui nous resta, cependant en travers du gosier.

*À Genève, comme dans le reste du monde ce mur est baptisé Mur des Réformateurs (Guillaume Farel, Jean Calvin, Théodore de Bèze et John Knox), mais à Venelles il est, semble-t-il, rebaptisé Mur des Calvinistes, un propos prononcé à l’occasion de l’actuel jubilé de Calvin, et mal digéré par l’auteur de l’épitre, peut en être la cause.

Pénélope