Bach/ColtraneÉglise de Venelles – Dimanche 16 octobre 2011 à 17:00
BACH COLTRANE – Concert Classique / Jazz

L’affiche du concert
→ [slider title=”« À la rencontre de Raphaël Imbert ” ]

Raphaël Imbert est un autodidacte, saxophoniste de jazz, compositeur et chef d’orchestre. Nous aurons le plaisir de l’entendre dans un concert inattendu dépassant les clivages entre la musique classique de Jean-Sébastien Bach et le jazz de John Coltrane. Une alchimie sonore entre des univers musicaux apparemment distincts qui souligne des affinités communes insoupçonnées !

– En quoi les musiques de J.S Bach et de J.Coltrane se rapprochent-elles ?

Pour comprendre le lien qui peut exister entre les deux maîtres, il faut connaître le slogan « officieux » que nous avions trouvé à notre spectacle : « réhabiliter Coltrane en tant que compositeur, et Bach en tant qu’improvisateur ». La dimension d’oralité et d’improvisation est très importante pour les deux musiciens, et l’approche improvisée de la musique permet à l’un comme à l’autre de composer et de constituer une œuvre. C’est donc en tant qu’improvisateurs que nous abordons ce projet, en y ajoutant la dimension spirituelle et mystique qui réunit également Coltrane et Bach.

– Comment est né le projet Bach/Coltrane ?

Il est né de ma rencontre avec l’organiste André Rossi au conservatoire de Marseille. Découvrant notre passion commune pour l’improvisation, lui dans le style baroque, moi dans le jazz, nous avions immédiatement tenté l’expérience pour voir ce qui pouvait en ressortir. Prenant comme prétexte d’anciennes mélodies grégoriennes et luthériennes, j’avais été frappé par la similitude sonore et musicale avec la musique de Coltrane, et André m’avait signalé les utilisations fréquentes de ces mélodies par Bach pour ses cantates. L’idée d’association est né, en invitant d’autres improvisateurs, comme Jean-Luc Difraya, ou le quatuor Manfred pour leur exceptionnelle polyphonie.

– Pourquoi cette affection pour la musique « sacrée » ?

C’est surtout une affection pour les zones d’ombres de l’histoire du jazz, pour ce qui n’est pas ou peu étudié. On a voulu exclusivement raconter la genèse du jazz par le prisme du profane, du mélodrame, de la souffrance, en oubliant aussi l’importance de la spiritualité et de l’imaginaire du musicien dans la constitution d’un langage d’improvisation musicale, depuis la Nouvelle Orleans et avant, jusqu’à l’époque contemporaine. Parler du spirituel et du sacré dans le jazz est aussi un moyen d’intéresser d’autres mélomanes et musiciens, notamment classiques, selon des critères qu’ils connaissent mieux, à travers l’œuvre sacrée d’un Mozart, d’un Messiaen, d’un Liszt, Bach restant la référence en la matière.

– Après Bach/Coltrane, pensez-vous confronter d’autres géants de la musique ?

C’est déjà fait ! Avec le Mozart/Ellington que nous avons créé au GTP d’Aix en Provence en avril dernier. Là encore, recherche historique, musicologique et anthropologique et envie d’improviser permettent de réunir les deux musiciens, selon des critères bien différents, ludiques et humanistes.

– Quel grand compositeur n’avez-vous pas « jazzifié » et/ou que vous souhaiteriez « jazzifier » ?

Je n’aime pas le terme « jazzifié » qui implique une transformation de l’œuvre, comme le terme « grand » devant compositeur, qui veut dire généralement compositeur classique occidental, ce qui est très condescendant pour les autres compositeurs. Quand j’improvise sur du Bach, du Coltrane, du Mozart, de l’Ellington, comme avec les bluesmen de Louisiane ou le chant occitan de Manu Théron, je n’arrête pas d’être « jazzman ». Le jazz est, selon moi, le geste musical qui me permet de jouer avec qui je veux et quand je veux, hors toute définition stylistique. Par contre, je distingue deux catégories de compositeurs. Il y a celui qui me donne l’impression de me prendre par la main et m’invite à jouer avec lui, comme Bach, Mozart, pourquoi pas Satie, Ravel, Ligeti, Purcell. Et il y a celui qui semble avoir tout prévu et ne donne aucune possibilité de dialogue, parmi lesquels certains que j’admire, comme Beethoven, Wagner, Debussy, et auxquels je ne me frotterai pas.

– Quelles sont vos actualités ?

D’une part le Mozart/Ellington qui est un bien beau spectacle. Ensuite, des expériences passionnantes avec de nouveaux musiciens de la Cie Nine Spirit autour d’un logiciel d’improvisation intitulé Omax, tout droit sortie de l’IRCAM. Enfin, mes projets de recherche dans le sud des USA, à la rencontre de musiciens populaires de tradition orale, qui impliquent rédaction, réflexion et un beau projet de documentaire pour l’année prochaine, j’espère.

À ne pas manquer :

  • Conférence/Rencontre par Raphaël Imbert
    • Jeudi 13 octobre, 20h30, Salle des Fêtes – Entrée libre
  • Concert Bach Coltrane – Cie Nine Spirit
    • Dimanche 16 octobre, 17h00, Église de Venelles
    • Tarifs (11€, 9€, 4€)
    • Raphaël Imbert : saxophones, clarinette basse
    • André Rossi : orgue
    • Jean-Luc Di Fraya : percussions, voix
    • Pierre Fénichel : contrebasse

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Bach Coltrane est un petit bijou d’émotion en même temps qu’un ovni musical. Entre improvisations et grands airs du répertoire… Un véritable coup de cœur. (La Vie)